Bulletins de santé

Ce Bulletin de santé annuel des Canadiens et des Canadiennes est archivé à des fins strictement historiques. Veuillez prendre note que les statistiques et les renseignements qu'il contient étaient à jour au moment de sa publication originale.



Il est temps de combler le fossé entre les sexes, selon la Fondation des maladies du cœur

En matière de maladies du cœur et d’AVC, les hommes ont fait plus de progrès que les femmes, selon le Bulletin de santé annuel 2007 de la Fondation des maladies du cœur. Les recherches démontrent que comparativement aux hommes, les femmes courent des risques plus élevés de succomber à une maladie du cœur ou un AVC, sont moins susceptibles d’être traitées par un spécialiste et sont aussi moins sujettes à subir un cathétérisme ou une revascularisation cardiaque.

« C’est vraiment inquiétant de constater que la santé cardiovasculaire des femmes n’a pas suivi le pas des hommes, déclare George Honos, cardiologue et porte-parole de la Fondation des maladies du cœur. On a bien vu certains progrès vers l’égalité des sexes, mais en ce qui concerne la principale cause de décès au Canada, certaines femmes sont encore désavantagées, si on les compare aux hommes. »

Depuis des années, on supposait que cette situation était attribuable au fait que les femmes avaient tendance à être plus âgées et plus malades au moment de leur hospitalisation. Mais une récente analyse démontre qu’en contrôlant des variables telles que l’âge et d’autres problèmes de santé, les risques de décès auxquels font face les femmes au cours des 30 premiers jours sont 16 % plus élevés en cas de crise cardiaque et 11 % plus élevés en cas d’AVC, que ceux des hommes[1]. Les raisons de cette situation sont loin d’être claires - les problèmes en jeu pourraient être d’origine systémique, sociale, ou même biologique. Nous devons comprendre pourquoi.

Qui plus est, la Fondation des maladies du cœur révèle que pour la première fois depuis 30 ans, les femmes ont rattrapé les hommes quant au nombre de décès attribuables aux maladies cardiovasculaires.

Nombre de décès attribuables aux maladies du cœur et aux AVC : hommes et femmes, entre 1973 et 2003

 

Nombre de décès attribuables aux maladies cardiovasculaires, Statistique Canada

En 1973, on constatait que 23 % moins de femmes que d’hommes succombaient aux maladies du cœur et aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), soit 34 924 femmes contre 45 404 hommes. En 2003, le nombre de décès chez les hommes a chuté de 19 % pour atteindre les 37 004 tandis que celui des femmes a augmenté de 5 % (soit 36 823 décès). Pour la première fois, le nombre de décès attribuables aux maladies du cœur et aux AVC combinés est essentiellement comparable chez les hommes et chez les femmes (soit 36 823 contre 37 004).

« Les Canadiens et les Canadiennes ont ce faux sentiment de sécurité qui leur fait croire qu’une crise cardiaque ou un AVC est désormais sans gravité, qu’on peut être hospitalisé, traité et retourné à la maison comme si rien ne s’était passé, dit Dr Honos. Mais la réalité pour bien des gens, et particulièrement pour bien des femmes, est tout autre. »

« Près de 37 000 Canadiennes mourront cette année d’une maladie du cœur ou d’un AVC. De plus, les femmes courent de plus grands risques de mourir après une crise cardiaque ou un AVC. Nous devons absolument comprendre d’où vient cette inégalité et y remédier. C’est une question de santé primordiale pour les Canadiennes. »

Voici quelques découvertes supplémentaires :

  • En 1973, deux fois plus d’hommes que de femmes succombaient à une crise cardiaque (20 680 contre 10 539). Bien que plus d’hommes meurent encore de crises cardiaques que les femmes, en 2003, l’écart entre les deux sexes s’est resserré : le nombre de décès chez les hommes a chuté de 49 % (soit 10 643 décès), tandis que chez les femmes, cette statistique a diminué de 24 %, pour atteindre 8 019.

  • Un trop petit nombre de Canadiens et de Canadiennes sont référés à un cardiologue après une crise cardiaque, et les femmes encore moins que les hommes. À peine 32 % des femmes consultent un cardiologue après une crise cardiaque, comparativement à 38 % des hommes. Il est important de consulter un spécialiste, car compte tenu de l’âge et d’autres problèmes de santé, les risque de décès sont 47 % moindres chez les patients traités par un cardiologue[2].

  • En 1973, on dénombrait 10 % plus de décès attribuables aux AVC chez les femmes que chez les hommes (8 523 chez les femmes contre 7 702 chez les hommes). En 2003, le nombre de décès chez les femmes avait augmenté et atteignait 8 951 alors que celui observé chez les hommes avait diminué (à 6 332). Ainsi, en 2003, on comptait 41 % plus de décès par AVC chez les femmes que chez les hommes.

  • Certaines études ont démontré que dans tous les groupes d’âges, les femmes affichent un taux de mortalité en milieu hospitalier plus élevé que celui des hommes après une crise cardiaque (voir le tableau 1).

  • Les femmes ont aussi des taux moindres de pontage coronarien et d’angioplastie (une intervention non chirurgicale destinée à rouvrir les artères obstruées – voir le tableau 2).

Tableau 1
Taux de mortalité en milieu hospitalier par 100 patients de crise cardiaque en fonction du sexe, entre 1997/1998 et 1999/2000

Groupe d’âge

Mortalité en milieu hospitalier après une crise cardiaque
(par 100 patients)

 

Femmes

Hommes

20 à 49 ans

3,1

1,6

50 à 64 ans

5,9

3,9

65 à 74 ans

12,6

10,3

75 ans et +

24,4

22,2

Total (20 ans et +)

16,7

9,9

Source : Équipe canadienne d'analyse de résultats en matière de maladies cardiovasculaires

Tableau 2
Chirurgies de pontage et interventions percutanées par 100 000 personnes âgées de 20 ans et plus, en fonction du sexe, entre 1997-1998 et 2000-2001

Groupe d’âge

Taux de chirurgie de pontage coronarien

Taux d’intervention coronarienne percutanée (angioplastie)

 

Femmes

Hommes

Femmes

Hommes

20 à 34 ans

0,3

0,9

0,9

3,4

35 à 49 ans

7,9

40,4

21,9

98,1

50 à 64 ans

64,6

300,2

117,4

396,5

65 à 74 ans

197,7

613,0

244,3

541,8

75 ans et +

129,5

400,6

185,3

368,8

Source : Équipe canadienne d'analyse de résultats en matière de maladies cardiovasculaires

« Nous devons aussi examiner l’accès aux soins de santé, dit Dr Honos. Pourquoi les femmes sont-elles moins susceptibles que les hommes d’être traitées par un cardiologue? Et pourquoi reçoivent-elles moins souvent un pontage ou une angioplastie? C’est une autre variable essentielle de cette équation. »

LE FOSSÉ ENTRE LES SEXES

Une enquête nationale menée auprès des Canadiens et des Canadiennes de 35 ans et plus pour le compte de la Fondation des maladies du cœur a dévoilé l’existence de deux « réalités » en matière de connaissance sur la santé et les soins cardiovasculaires. Les femmes sont très sensibles aux problèmes auxquels les patientes cardiaques peuvent être confrontées ainsi qu’aux risques accrus de décès qu’elles courent. Mais plusieurs hommes ne réalisent pas encore le danger qui plane sur la santé cardiovasculaire de leur partenaire, de leur mère, de leurs sœurs ou des femmes de leur entourage.

Les hommes perçoivent toujours les maladies cardiovasculaires comme un problème masculin. Plus de la moitié (soit 53 %) des hommes croient à tort que le nombre de décès attribuables aux maladies du cœur et aux AVC est sensiblement inférieur chez les femmes, comparativement à celui des hommes (une erreur que font à peine 27 % des femmes interrogées). Parmi ceux qui ont des antécédents de maladie du cœur ou d’AVC, 42 % des hommes croient qu’il est un peu ou fort probable qu’ils en soient atteints au cours de leur vie, mais seulement 24 % croient que la même chose pourrait arriver à leur partenaire ou conjointe. Chez les femmes par contre, la perception des risques est plus réaliste : 45 % croient possible de souffrir un jour de maladie du cœur ou d’AVC et 43 % croient que leur partenaire pourrait en être atteint.

Enquête de la Fondation des maladies du cœur auprès des Canadiens et des Canadiennes âgés de 35 ans et plus

Réalisent que les Canadiens sont plus susceptibles que les Canadiennes de :

Répondants

Répondantes

... se faire traiter par un spécialiste après une crise cardiaque ou un AVC*

33 %

46 %

... subir une chirurgie/intervention après un diagnostic de maladie cardiovasculaire**

33 %

44 %

... survivre à une crise cardiaque ou à un AVC*

21 %

38 %

... se faire référer à un programme de réadaptation cardiaque après une crise cardiaque**

28 %

39 %

Croient que le nombre de décès attribuables aux maladies du cœur et aux AVC est un peu ou beaucoup moins élevé chez les Canadiennes que chez les Canadiens*

52 %

27 %

Croient que leur conjointe est un peu ou très susceptible de subir un jour une crise cardiaque, une maladie du cœur ou un AVC*

24 %

43 %

Croient qu’ils sont eux-mêmes assez ou très susceptibles de subir un jour une crise cardiaque, une maladie du cœur ou un AVC

42 %

45 %

Ces résultats proviennent d’un échantillon représentatif à l’échelle nationale de
1 200 répondants (marge d’erreur de ± 3,1 %, 19 fois sur 20); * La différence entre les hommes et les femmes est statistiquement significative p<0,001 ** La différence entre les hommes et les femmes est statistiquement significative p<0,01.

« Les femmes et les hommes doivent se rendre compte que les maladies du cœur et les AVC tuent sans discrimination entre les sexes, dit Dr Honos. Il faut instaurer une approche proactive envers la santé cardiovasculaire des femmes au Canada. L’écart entre les sexes peut et doit être comblé. »

IL FAUT AGIR MAINTENANT, SELON LA FONDATION DES MALADIES DU CŒUR

« La Fondation des maladies du cœur étudie la question des maladies cardiovasculaires chez les femmes et ce, sous plusieurs angles, explique Jean Noël, président et chef de la direction de la Fondation des maladies du cœur du Québec. En plus de mener des recherches et de fournir des renseignements spécifiques et ciblés sur la santé, la Fondation est le chef de file du développement de la Stratégie et plan d’action canadien en santé cardiovasculaire, destinée à améliorer la santé cardiovasculaire de toute la population canadienne, mais aussi plus spécifiquement à combler l’écart entre les sexes à ce sujet. »

En 2000, la Fondation des maladies du cœur a mené l’élaboration de la Déclaration de Victoria sur les femmes, les maladies du cœur et les AVC, une série de recommandations internationales destinées à assurer un statut égal aux hommes et aux femmes en matière de santé cardiovasculaire. Plusieurs des principales recommandations de Victoria n’ont toujours pas été implantées même si elles s’avèrent plus pertinentes que jamais en 2007. Parmi ces recommandations, citons :

Aux gouvernements :

  • Procéder à une surveillance continue des résultats de santé chez les femmes au sein de la population, ainsi que mesurer et évaluer les services de santé et le soutien dans la collectivité. (En fait, le Canada manque de données pertinentes et de renseignements sur la santé de la population en général, une situation qui doit absolument être corrigée).
  • Corriger les variables socio-économiques sous-jacentes en matière de maladies du cœur et d’AVC chez les femmes, comme l’alphabétisation et l’éducation, la pauvreté, la géographie, les rôles des femmes et le contrôle sur leur vie, les médias et l’égalité d’accès aux services.

Aux organismes de financement de la recherche et aux universités :

  • Développer le potentiel de recherche sur la question de la santé cardiovasculaire et des AVC chez les femmes.

Au système de santé :

  • Offrir des programmes et des services de prévention primaire, de dépistage, de diagnostic et de traitement, de prévention des rechutes, de réadaptation et de soutien conçus sur mesure pour répondre aux besoins des femmes.

Aux Canadiennes et aux Canadiens :

  • Apprendre à reconnaître leurs risques de maladies du cœur et d’AVC ainsi que les signes avant-coureurs et les symptômes associés aux maladies cardiovasculaires. Les Canadiens et les Canadiennes devraient connaître leurs propres facteurs de risque incluant leurs valeurs cibles de tension artérielle, de lipides et de glucose sanguins et en discuter avec leur médecin.
  • Jouer un rôle proactif en gestion de leur propre santé, comme en adoptant une alimentation saine et équilibrée contenant peu de lipides saturés et de gras trans et comportant au moins cinq portions de fruits et de légumes par jour, et en étant physiquement actif pendant au moins 30 minutes par jour la plupart des jours de la semaine. Pour plus de renseigrements, veuillez cliquez sur Mode de vie sain.

QUE FAIT LA FONDATION DES MALADIES DU CŒUR FACE À CET ENJEU?

  • La Fondation joue un rôle de leader dans l’élaboration de la Stratégie et plan d’action canadien en santé cardiovasculaire, destinée à améliorer la santé cardiovasculaire de l’ensemble de la population canadienne tout en s’occupant plus spécifiquement des inégalités entre les sexes.

  • La Fondation développe présentement un programme national d’information et de sensibilisation destiné à renseigner les femmes sur leurs risques de maladies du cœur et des mesures à prendre pour les prévenir. La campagne The Heart Truth, dont le lancement est prévu pour 2007, est basée sur un programme américain couronné de succès qui comprend la fameuse campagne médiatique de la « robe rouge ».

  • La Fondation finance des recherches sur les différences entre les sexes afin de mieux comprendre pourquoi les hommes et les femmes vivent les maladies cardiovasculaires différemment. Le projet GENESIS, auquel participent plus de 30 chercheurs canadiens, dirigé par Dre Louise Pilote de l’Université McGill et cofinancé par l’Institut de la santé des femmes et des hommes et l'Institut de la santé circulatoire et respoiratoire des Instituts de recherche en santé du Canada, constitue un parfait exemple auquel on doit déjà la publication de nombreux résultats importants.

  • La Fondation fournit chaque année des renseignements sur la santé à des milliers de Canadiens et de Canadiennes, dont des renseignements spécifiques aux maladies cardiovasculaires chez les femmes.

  • Le programme d’information sur les aliments Visez santéMC de la Fondation, qui compte plus de 1 000 produits participants, est orienté principalement vers les femmes, qui sont les principales acheteuses d’emplettes de la plupart des ménages, afin de les aider à identifier facilement les choix d’aliments plus sains pour leurs familles et pour elles-mêmes (visiter le site www.visezsante.org).

On peut se procurer des renseignements provenant de la Fondation des maladies du cœur sur la santé cardiovasculaire et le mode de vie sain chez les femmes sur le site www.fmcoeur.ca.

Organisme bénévole, la Fondation des maladies du cœur mène la lutte vers l’élimination des maladies du cœur et des accidents vasculaires cérébraux (AVC), en contribuant activement à l’avancement de la recherche et à sa mise en application, à la promotion de modes de vie sains, et à la représentation auprès des gouvernements.

NOTE : Ce communiqué de presse constitue en lui-même le Bulletin de santé annuel de la Fondation des maladies du cœur. Aucun autre rapport ne se trouve ci-joint.

Un document B-Roll est aussi disponible pour les journalistes via CNW.

Coordonnées de la diffusion en direct par satellite :

DATE DE TRANSMISSION : Le mercredi 31 janvier 2007
HEURE DE TRANSMISSION : De 11 h (HNE) à 11 h 30 (HNE)
COORDONNÉES : Anik F2 C, Transpondeur 3B, Sous-porteuse audio 6.2 et 6.8, Fréquence verticale descendante 3820
TOC : CFA TX 1

Coordonnées de la passerelle Digital Media Gateway de PATHFIRE :

Sous "Video News Providor A”, sous l'onglet Groupe CNW
NUMÉRO DE DOCUMENT : CNW07HSF1FR
Faites une recherche avec le numéro de référence CNW07HSF1FR ou le titre.

Renseignements : Isabelle Marquis
514-871-8038, poste 232
514-792-8038 (cell.)
isabelle.marquis@fmcoeur.qc.ca

Jane-Diane Fraser
613-569-4361, poste 273
jfraser@hsf.ca

Pour connaître la personne responsable des médias dans chaque province, consultez la rubrique « Contacts » du site Web www.fmcoeur.ca/medias.

Dernière révision en mars 2007


[1] Les soins de santé au Canada 2006. Institut canadien d’information en santé, 2006

[2] Idem

[3] Les statistiques sur la mortalité proviennent de Statistiques Canada.