Bulletins de santé

Ce Bulletin de santé annuel des Canadiens et des Canadiennes est archivé à des fins strictement historiques. Veuillez prendre note que les statistiques et les renseignements qu'il contient étaient à jour au moment de sa publication originale.





LE BULLETIN DE SANTÉ DES CANADIENS ET DES CANADIENNES 2005 : La banlieue, un mauvais rêve?

10 février 2005

MONTRÉAL : Le Bulletin de santé annuel des Canadiens et des Canadiennes, publié par la Fondation des maladies du cœur, bat en brèche le mythe qui veut que vivre à la campagne ou en banlieue soit meilleur pour la santé du cœur. Le tout premier rapport de la Fondation portant sur la différence entre la vie urbaine et périphérique indique clairement que la population canadienne dépendante de l’automobile fait beaucoup moins d’activité physique et court un risque beaucoup plus élevé d’embonpoint et d’obésité.

En d’autres mots, le rêve de la banlieue semble tourner au cauchemar.

Les preuves sont concluantes : notre dépendance à la voiture nous tue. Nous devons centrer notre mode de vie sur des habitudes saines et cesser de se faire mener par les « services à l’auto », dit Dr George Honos, porte-parole de la Fondation des maladies du cœur et cardiologue. Parmi les Québécoises et Québécois, 84 % croient que le mode de vie tendu et au rythme rapide qui accompagne les centres urbains est plus nocif pour la santé. 

Selon la Fondation, chez les personnes vivant en banlieue, dans les petits centres et en milieu rural, ce faux sentiment de sécurité pourrait leur imposer de plus grands risques de maladies cardiovasculaires et d’accident vasculaire cérébral qu’aux citadins. Les recherches de la Fondation indiquent que les citadins ont deux fois plus de chances de marcher, de faire du vélo ou de prendre les transports publics que les gens de l’extérieur. De plus, une plus grande proportion de citadins font leurs emplettes quotidiennes à pied ou en vélo.

« Ce bulletin de santé doit réveiller la population, particulièrement les personnes qui vivent hors des grands centres urbains, pour qu’elles observent leur environnement et leur mode de vie, explique Dr Honos. La recherche démontre que l’activité physique routinière est au moins un des facteurs qui peuvent être reliés au plus faible taux d’obésité observé dans les principaux centres urbains ».

Bulletin de santé 2005 de la Fondation des maladies du cœur 

Population en grands centres urbains et hors grands centres

Québec et Canada

 

Pourcentage de la population1

Grands centres urbains

 

Québec    /   Canada

Hors grands centres urbains

Québec     /    Canada

Trouve que leur voisinage favorise la marche ou le vélo

88 % (A)

87 % (A)

71 % (C)

60 % (C-)

Fait ses commissions à pied ou en vélo 

91 % (A)

77 % (B+)

66 % (C)

60 % (C-)

Affiche un poids santé2

51 % (D)

50 % (D)

39 % (F)

44 % (F)

Se rend au travail principalement à pied, en vélo ou en transport public

48 % (F)

34 % (F)

22 % (F)

18 % (F)

 

[1] Toutes les données sauf (2) sont tirées de l’Enquête de la Fondation des maladies du cœur auprès de 1082 Canadiens et Canadiennes âgés entre 18 et 65 ans, menée en décembre 2004; marge d’erreur de +/-3 %, 19 fois sur 20.

2Source : Statistique Canada. Comparaison entre les milieux ruraux et urbains, chez les résidents du Québec âgés de 18 à 64. Enquête nationale sur la santé de la population, 1998.

L’an dernier, le Bulletin de santé des Canadiens et des Canadiennes : Le gras corporel est le nouveau tabac se penchait sur le problème croissant de l’embonpoint et de l’obésité, et demandait aux gouvernements ainsi qu’à l’industrie de rendre les aliments sains plus accessibles à la population canadienne. Le Bulletin de cette année se penche sur l’autre facette de l’enjeu des problèmes de poids : l’activité physique. 

Ce n’est pas une coïncidence si nos niveaux d’activité physique sont en déclin en même temps que les taux d’obésité augmentent. Près de 50 % des adultes québécois et canadiens et 28% des enfants québécois (comparativement à 37 % chez les enfants canadiens) sont présentement considérés comme atteints d’embonpoint ou d’obésité.

La Fondation souligne que chaque kilomètre additionnel marché au cours d’une journée réduit le risque d’obésité de près de 5 %, tandis que chaque heure passée dans une voiture augmente ce même risque de 6 %. « Ces pourcentages s’additionnent rapidement, étant donné le temps passé dans la voiture pour aller et venir du travail chaque jour. Personne ne devrait les prendre à la légère », dit Dr Honos.

La Fondation des maladies du cœur recommande à la population de pratiquer une activité physique durant au moins 30 minutes par jour. Selon les recherches de Dr. Larry Frank, membre du Comité consultatif sur la promotion de la santé et la politique de la Fondation des maladies du cœur, professeur adjoint et détenteur de la Chaire Bombardier de l'Université de la Colombie-Britannique, les personnes vivant dans des quartiers dont la densité est de modérée à élevée et qui disposent de services communautaires et commerciaux à distance de marche de leur résidence sont 2,4 fois plus susceptibles d’atteindre le minimum quotidien recommandé de 30 minutes.

« Malheureusement, les zones non métropolitaines découragent souvent l’activité physique. En fait, les résidents sont exposés quotidiennement aux effets de l’urbanisme qui fait fi de la santé du cœur, dit Dr Avi Friedman, conférencier de la Fondation des maladies du cœur et professeur de l’École d’architecture de l’Université McGill. Les commerces situés à l’extérieur des centres urbains sont conçus en priorité pour un accès en automobile. Les trottoirs et les voies cyclables brillent par leur absence, ce qui rend les banlieusards et les campagnards canadiens prisonniers de leur voiture. »

Une enquête menée en 2002 auprès des municipalités canadiennes a révélé que les plus grandes agglomérations sont plus aptes que les plus petites à offrir des sentiers favorisant la marche et le vélo, ainsi que l’aménagement obligatoire de voies piétonnières et cyclables dans les nouveaux développements.

Ressources municipales pour la marche et le vélo

 

Pourcentage des municipalités canadiennes qui offrent les services suivants 3

Taille de la collectivité (population)

Moins de 10 000

10 000 à 99 999

100 000
et plus

De l’information sur la façon de devenir plus actif sur une base quotidienne

40 %

57 %

85 %

Des voies cyclables sur la route

15 %

49 %

60 %

Des pistes et des sentiers hors route interdits aux véhicules motorisés

57 %

91 %

97 %

Des sentiers et des pistes reliés en réseau

19 %

39 %

63 %

Des voies pédestres et cyclables aménagées de façon sécuritaire dans les nouveaux développements

 8 %

35 %

63 %

Une planification formelle de la circulation piétonnière et cycliste

 6 %

33 %

60 %

3- Source : Enquête 2000 sur les municipalités canadiennes, Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie

Le bulletin de santé fait appel à toute la population canadienne, particulièrement aux gens vivant à la campagne ou en banlieue, pour dénoncer la dépendance à la voiture et les rendre plus conscients de leur environnement. La Fondation des maladies du cœur collabore également avec divers organismes nationaux de santé dans le but d’encourager les gouvernements à investir davantage dans la promotion des modes de vie sains et des milieux qui les favorisent. La Fondation finance la recherche sur les aspects sociaux et environnementaux de l’obésité, dont les études sur la façon dont l’urbanisme influence l’activité physique et la santé.

La Fondation des maladies du cœur de la Nouvelle-Écosse donne l’exemple de son leadership en la matière. Dans un rapport récent, intitulé The Cost of Physical Inactivity in Halifax RegionalMunicipality, elle démontre les liens entre la santé et la planification urbaine, et fait ressortir les réductions de coûts potentiels – en termes de vies, de dollars et de productivité – dans le développement de milieux de vie sains et actifs.

« Les gouvernements doivent reconnaître que l’urbanisme qui rend possible, et même plus raisonnable, de marcher vers sa destination est devenu un enjeu critique dans la protection de la santé publique », dit Dr Yan Kestens*, porte-parole et chercheur de la Fondation des maladies du cœur et boursier en médecine sociale et préventive à l’Université de Montréal. L’aménagement de nos milieux de vie a un impact significatif sur notre santé. »

Le mot d’ordre de la Fondation des maladies du cœur :

AUX GOUVERNEMENTS FÉDÉRAL ET PROVINCIAUX

  • La Fondation des maladies du cœur du Canada recommande au gouvernement fédéral d’allouer au moins 7 % des fonds réservés aux infrastructures de transport à des infrastructures et des projets de transport actif (comme des sentiers pédestres,
  • Les gouvernements fédéral et provinciaux devraient tous se joindre aux organismes de santé afin de développer des campagnes efficaces de marketing pour encourager les Canadiens et les Canadiennes à être plus actifs physiquement.

AUX MUNICIPALITÉS

  • Financer les infrastructures sociales et les projets de transport actif qui favorisent une vie active physiquement.
  • Encourager les développements mixtes qui permettent aux personnes de faire leurs emplettes à pied ou en vélo vers les divers commerces et services de leur voisinage. 
  • Encourager de nouvelles formes d’urbanisme qui feront en sorte que les nouveaux quartiers et les nouveaux développements facilitent les modes de vie sains. 

À TOUTE LA POPULATION

  • Intégrez l’activité physique à votre routine de la journée. Profitez de toute les occasions pour marcher : utilisez les escaliers, stationnez la voiture plus loin, descendez du bus un arrêt plus tôt. Toutes ces périodes d’activité s’additionnent et aident à dépasser les défis quotidiens, comme les « pas le temps » et « trop occupé ».
  • Impliquez-vous! La Fondation des maladies du cœur encourage tous les Canadiens et Canadiennes à agir et à faire pression afin que leur environnement favorise l'activité physique. Assurez-vous que votre localité facilite les modes de vie actifs et exprimez votre avis sur l’urbanisme, le transport, la circulation et les questions d’aménagement.
  • Visitez notre site Web au www.fmcoeur.ca pour des outils de défense des intérêts et des renseignements sur les modes de vie sains.

 La Fondation des maladies du cœur (www.fmcoeur.ca) est un des principaux bailleurs de fonds de la recherche cardiovasculaire et vasculaire cérébrale au Canada. Notre mission consiste à améliorer la santé des Canadiens et des Canadiennes, en favorisant la recherche, la promotion de la santé et les représentations en faveur de la santé afin de prévenir et de réduire les invalidités et les décès dus aux maladies cardiovasculaires et aux accidents vasculaires cérébraux.

* Dr Kestens reçoit de l’appui financier à travers Objectif Obésité, une initiative de la Fondation des maladies du cœur, en collaboration avec l’Association canadienne du diabète et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Le travail de Dr. Kestens est aussi appuyé par Sanofi-Synthelabo Canada Inc., société du Groupe sanofi-aventis.

Pour plus de renseignements :

Nancy Radford, Fondation des maladies du cœur du Québec        

514.871.8038 poste 232

cellulaire 514.792.8038