Bulletins de santé

LE BULLETIN DE SANTÉ DE LA FONDATION DES MALADIES DU CŒUR DEMANDE :
À quel type d’alimentation la santé du cœur est-elle confrontée? 

Un nouveau rapport révèle de grands écarts dans les prix et l’accessibilité des aliments sains au Canada

TORONTO – Le Bulletin de santé annuel des Canadiens et Canadiennes de la Fondation des maladies du cœur révèle d’étonnants écarts entre les provinces et les diverses régions du pays quant au coût et à l’accessibilité des aliments sains de base. Selon l’endroit où elles vivent, certaines personnes doivent souvent payer de deux à six fois plus cher pour les mêmes aliments sains de base.

La Fondation demande aux gouvernements de surveiller et de publier des rapports à intervalles réguliers sur le prix des denrées de base afin de donner des chances égales à la population et à tous les intervenants de la chaîne alimentaire d’explorer les inégalités signalées dans les prix et les promotions d’aliments entre les diverses localités canadiennes.

« Plusieurs gouvernements provinciaux réglementent le prix des boissons alcoolisées sur leur territoire, mais le prix des aliments sains fait l’objet de variations importantes d’une communauté à l’autre », dit Lise Bertrand, porte-parole de la Fondation des maladies du cœur et agente de planification et de recherche et nutritionniste, Direction de la santé publique de Montréal. « On se demande pourquoi le prix de l’alcool est contrôlé alors qu’on observe de tels écarts pour les aliments sains, et pas seulement dans les régions les plus éloignées du pays, mais aussi dans certains centres urbains importants. »

Un sondage national mené par la Fondation démontre que près de la moitié, soit 47 %, des répondants signalent se passer de fruits et de légumes frais, de produits laitiers, de produits de grains entiers, de viande maigre ou de poisson en raison de leur prix trop élevé. De plus, 68 % des Canadiens et Canadiennes considèrent le prix comme élément « extrêmement » ou « très » important au moment du choix des produits pendant leurs emplettes.

Les importantes disparités de prix des aliments sains entre les diverses collectivités sont encore plus stupéfiantes si on les compare à la relative stabilité des prix des boissons gazeuses, des croustilles et des biscuits.

« La saine alimentation est un élément essentiel de la prévention des maladies du cœur, dit    Dr George Honos, porte-parole de la Fondation des maladies du cœur et Chef du département de cardiologie du CHUM. Le Bulletin de santé que nous présente la Fondation des maladies du cœur devrait nous éveiller au fait que la saine alimentation est menacée de devenir inabordable pour bien des ménages canadiens, un problème qui ne peut qu’empirer avec les difficultés économiques actuelles. »  

En octobre 2008, la Fondation des maladies du cœur a recruté des bénévoles dans 66 collectivités de partout au pays afin qu’ils achètent une liste de produits établie à partir du panier de provisions nutritif national de Santé Canada. Ce panier a été officiellement instauré afin d’évaluer la sécurité alimentaire, un terme qui fait référence à l’accès physique et économique à des aliments sains. Aux fins de cette étude, la Fondation a adapté le panier d’épicerie aux besoins d’une famille de quatre personnes sur une semaine. Afin de favoriser la cohérence, les principales marques nationales ont été choisies selon leur part de marché sur une moyenne de 52 semaines provenant des données de AC Nielsen. Les bénévoles devaient choisir une chaîne nationale ou régionale de leur collectivité, sans toutefois visiter une épicerie à rabais. Tous les achats ont été effectués entre le 15 et le 25 octobre 2008. Ces premières emplettes transcanadiennes ont révélé des écarts étonnants dans le prix des aliments sains, que ce soit pour le lait, le bœuf haché maigre, les pommes ou les pommes de terre.

COÛT DES ALIMENTS SAINS – QUEL EST LE PRIX DE LA SANTÉ?

Les tableaux qui suivent reflètent les quatre groupes d’aliments décrits par le Guide alimentaire canadien et indique les cinq collectivités où les prix de certains articles achetés par la Fondation dans le cadre de cette enquête sont les plus élevés et les plus abordables. 

Folles variations dans les prix des fruits et légumes

Des écarts de prix extrêmes s’observent à l’échelle du pays, et même à l’intérieur d’une même province, pour les fruits et les légumes. Par exemple, le prix de six pommes est de 0,90 $ à Peterborough, ON et de 7,64 $ à Rankin Inlet, NU et un sac de 2,7 kg de pommes de terre qui coûte 1,50 $ à Toronto, ON coûte 8,19 $ à Rankin Inlet, NU. Dans un pays où on retrouve des pommiculteurs dans plusieurs régions, c’est variations de prix sont très surprenantes. Un sac de 2,7 kg de pommes de terre qui coûte 1,50 $ à Toronto, ON coûte 6,95 $ à Yellowknife, TNO.

Produits

Pommes (6 moyennes)

Pommes de terre (2,7 kg)

Moyenne nationale

3,50 $

4,25 $

Collectivités aux prix les plus élevés

 

  1. Rankin Inlet, NU (7,64 $)
  2. Dryden, ON (5,49 $)
  3. Grande Prairie, AB (5,24 $)
  4. Thompson, MB (5,16 $)
  5. Calgary, AB (5,02 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés = 5,71 $
  1. Rankin Inlet, NU (8,19 $)
  2. Yellowknife, TNO et Melfort, SK (6,95 $)
  3. Swift Current, SK et Dryden, ON (5,99 $)
  4. Corner Brook, NL, Woodstock, Peterborough, Vaughan et Chatham, ON (4,99 $)
  5. Invermere, C-B et Brandon, MB (4,98 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés = 6,22 $

Collectivités aux prix les plus bas

 

  1. Peterborough, ON (0,90 $)
  2. Toronto, ON (1,00 $)
  3. Edmonton, AB (1,71 $)
  4. Corner Brook, TNL (1,91 $)
  5. Brandon, MB (2,02 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 1,51 $

 

  1. Toronto, ON (1,50 $)
  2. Whitehorse, YN (2,15 $)
  3. Amherst, NÉ et Saint John, NB (2,99 $)
  4. London, ON (3,29 $)
  5. Kitchener, ON, Jonquière, QC, Montréal, QC; The Pas, MB, Nanaimo, C-B et Vancouver, C-B (3,49 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 2,68 $

Source : Fondation des maladies du cœur

Du pain sur la planche

Certaines données les plus frappantes se retrouvent dans les variations des prix des produits céréaliers. Par exemple, un paquet de pâtes de blé entier coûte 2 $ à Barrie, en Ontario, 7,90 $ à Regina, en Saskatchewan et 11,37 $ à Dawson, au Yukon. Le prix d’un sac de riz brun passe de 2,19 $ à Toronto, ON à 7,76 $ à Winnipeg, MB et à 11,99 $ à Rankin Inlet, NU. Ces écarts représentent des augmentations de quatre à six fois le prix le plus bas.

Produits

Pâtes de blé entier (900 g)

Riz brun (1 Kg)

Moyenne nationale

5,48 $

4,99 $

Collectivités aux prix les plus élevés

 

  1. Dawson, NU (11,37 $)
  2. Kelowna, C-B (8,38 $)
  3. Fort McMurray, AB, Winnipeg, MB, Brooks, AB, Thompson, MB, et Swift Current, SK (8,14 $)
  4. Prince Albert et Regina, SK (7,90$)
  5. The Pas, MB (7,66 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés = 8,69 $
  1. Rankin Inlet, NU (11,99 $)
  2. Fort McMurray, AB (8,09 $)
  3. Calgary, AB (7,99 $)
  4. Winnipeg, MB (7,76 $)
  5. Dryden, ON (7,64 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés = 8,69 $

Collectivités aux prix les plus bas

 

  1. Barrie, ON (2,00 $)
  2. North Bay, ON (2,19 $)
  3. Windsor, ON et Saint John, NB (2,29 $)
  4. Peterborough, ON (2,69 $)
  5. Jonquiѐre, QC (3,18 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 2,47 $
  1. Vaughan et Toronto, ON (2,19 $)
  2. Digby, NÉ et Gander, TNL (2,29 $)
  3. Peterborough, Kitchener et Chatham, ON (2,43 $)
  4. North Bay, ON (2,49 $)
  5. Kingston, ON (2,50 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 2,38 $

Source : Fondation des maladies du cœur

« Les recherches antérieures menées par la Fondation des maladies du cœur[1] ont démontré qu’indépendamment de tout autre facteur de risque associé aux maladies du cœur, l’alimentation riche en fruits, en légumes et en grains entiers peut réduire jusqu’à 30 % les risques de maladies du cœur », dit Dr George Honos.


Grands écarts pour les produits laitiers

Que ce soit pour le lait ou le fromage, le coût moyen de ces deux aliments de base dans les cinq collectivités aux prix les plus élevés représente plus du double de celui où on retrouve les prix les plus abordables.

Produits

Lait 1 % (4 litres)

Fromage cheddar (520 g)

Moyenne nationale

5,26 $

9,15 $

Collectivités aux prix les plus élevés

 

  1. Rankin Inlet, NU (11,89 $)
  2. Gander, TNL (7,90 $)
  3. Wolfville, NÉ (7,58 $)
  4. St. John’s, TNL (7,54 $)
  5. Bridgewater, Halifax, Digby, Sydney et Amherst,
    (7,23 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés = 8,43 $

 

  1. Thunder Bay, ON (14,61 $)
  2. Dawson, YN (14,37 $)
  3. Winnipeg, MB (13,57 $)
  4. The Pas, MB (13,50 $)
  5. Saskatoon, SK (13,31 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés = 13,87 $

Collectivités aux prix les plus bas

 

  1. Vancouver et Delta, C-B (3,49 $)
  2. Prince Albert, SK (3,83 $)
  3. Chatham, Kitchener, Scarborough, ON (3,97 $)
  4. The Pas, MB (3,99 $)
  5. Dryden, ON (4,08 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 3,87 $
  1. Charlottetown, IPÉ, Montréal, QC et Barrie, ON (4,99 $)
  2. Vancouver, C-B, Melfort, SK et Yellowknife, TNO (5,87 $)
  3. Jonquiѐre, QC et North Bay, ON (5,99 $)
  4. Québec, QC (6,29 $)
  5. Regina, SK (6,49 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 5,93 $

Source : Fondation des maladies du cœur

Même chose pour les viandes et substituts 

Les viandes et substituts sont aussi sujets à d’importants écarts de prix. Dans les deux cas, les aliments riches en protéines coûtaient à certains endroits plus du double du prix moyen dans les collectivités aux prix les plus abordables.

Produits

Bœuf haché maigre (1 kg)

Beurre d’arachides (1 kg)

Moyenne nationale

7,18 $

5,27 $

Collectivités aux prix les plus élevés

 

  1. Ottawa, ON (13,21 $)
  2. Rankin Inlet, NU (11,99 $)
  3. Digby, NÉ (10,25 $)
  4. Rimouski, QC (9,10 $)
  5. Chibougamau, QC (9,02 $)Moyenne des cinq prix les plus élevés = 10,71 $
  1. Rankin Inlet, NU (8,49 $)
  2. Invermere, C-B (8,39 $)
  3. Dawson, YN (8,29 $)
  4. St. Catharines, ON (7,58 $)
  5. Kelowna, C-B (6,99 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés = 7,95 $

Collectivités aux prix les plus bas

 

  1. Barrie et Timmins, ON (4,14 $)
  2. North Bay et Sudbury, ON (4,39 $)
  3. Kingston et St. Catharines, ON (4,41 $)
  4. Montréal, QC (4,74 $)
  5. Peterborough, ON et Whitehorse, YN (4,99 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 4,53 $
  1. St. John’s, TNL (2,99 $)
  2. Regina, SK (3,29 $)
  3. Kitchener, ON (3,99 $)
  4. Whitehorse, YN; Melfort, SK, Vancouver, C-B, Yellowknife, NT et Delta, C-B (4,27 $)
  5. Rimouski, QC (4,29 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas = 3,77 $

Source : Fondation des maladies du cœur

Dans l’ensemble, les fruits, les légumes et les produits laitiers représentent presque 40 % du prix de la facture du panier de provision à peu près partout au pays, à l’exception du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest, où ils représentaient près de 50 % de la facture d’épicerie. Ces variations de prix peuvent contribuer à expliquer pourquoi près de la moitié des adultes canadiens et 70 % des enfants du pays ne consomment pas le minimum de portions de légumes et de fruits recommandé par le Guide alimentaire canadien et que le tiers des enfants du Canada ne consomme pas la quantité de produits laitiers recommandés.[2]

« Cette situation ne peut qu’encourager les comportements alimentaires malsains qui entraînent à leur tour l’obésité et les facteurs de risque associés aux maladies du cœur », dit Dr George Honos.

La situation est encore plus grave chez les Premières Nations et les Inuits du pays, dont plusieurs membres vivent en collectivités isolées. Par exemple, la Fondation a fait des emplettes dans la réserve des Premières Nations de Bearskin Lake, dans le Nord de l’Ontario. Les données provenant de la réserve ont été exclues des résultats nationaux parce que certains produits y étaient extrêmement chers ou tout simplement non disponibles.

À Bearskin Lake, quatre litres de lait coûtent 15,70 $ (comparativement à 3,49 $ à Vancouver, C-B); un paquet de pâtes de blé entier coûte 8,68 $ (contre 2 $ à Barrie, ON). Parmi les autres articles à prix élevé, on retrouve : six oranges à 10,99 $ et le sac de 2,7 kg de carottes à 10,88 $. Plusieurs aliments sains incluant les cuisses de poulet, le poisson congelé, les tomates et le brocoli frais, le maïs et les pois en conserve, les légumes mélangés congelés, les pommes de terre et le riz brun n’étaient même pas disponibles à Bearskin Lake.

La facture totale du panier d’épicerie à Bearskin Lake atteignait 291,16 $, un montant étonnamment élevé puisque le tiers des articles de la liste n’y étaient pas disponibles. En comparaison, la facture d’épicerie était de 173,72 $ à Jonquière, QC, de 179,59 $ à Sydney, NÉ et de 185,44 $ à Toronto, ON, des endroits ou tous les produits étaient disponibles.

L’accessibilité, enjeu important

En plus des différences importantes dans les prix et la disponibilité des aliments sains, l’étude de la Fondation des maladies du cœur a démontré que plusieurs Canadiens et Canadiennes ne peuvent pas se procurer certains aliments sains là où ils font habituellement leurs emplettes.

Par exemple, les légumineuses séchées et les épinards congelés n’étaient pas disponibles dans près d’une épicerie sur trois que les bénévoles de la Fondation ont visitées. Un magasin sur cinq ne vendait pas de poisson congelé sans panure. Fait assez surprenant, on ne trouvait pas de cuisses de poulet fraîches dans plus de 10 % des épiceries visitées. 

« La difficulté d’avoir accès à des aliments sains de base est particulièrement problématique pour les Canadiens et Canadiennes qui essaient consciemment de réduire leurs risques de maladies du cœur et d’accident vasculaire cérébral (AVC) en adoptant une saine alimentation », affirme Stéphanie Tremblay, nutritionniste de la Fondation des maladies du cœur du Québec.

Croustilles et boissons gazeuses à prix abordable à peu près partout

Les importants écarts de prix des aliments sains entre les diverses collectivités sont encore plus troublants si on les compare à la stabilité relative des prix des boissons gazeuses, des croustilles et des biscuits, des aliments que le Guide alimentaire canadien nous recommande de consommer moins souvent. La Fondation a ajouté de tels articles au panier de provisions afin d’en comparer les prix et l’accessibilité. Ces aliments malsains sont les seuls qui affichent de modestes écarts de prix entre les diverses régions du pays. 
 

Produits

Boissons gazeuses

(2 litres)

Croustilles

(235 g)

Biscuits

(350 g)

Moyenne nationale

1,87 $

2,79 $

3,49 $

Collectivités aux prix les plus élevés

 

  1. Rankin Inlet, NU (8,99 $)
  2. Dawson, YN (4,14 $)
  3. Chibougamau, QC (2,29 $)
  4. Ottawa, ON (2,19 $)
  5. Hamilton, ON (2,14 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés :
    3,95 $
  1. Rankin Inlet, NU (5,49 $)
  2. Invermere, C-B (3,99 $)
  3. The Pas, MB (3,79 $)
  4. Dawson, YN ($3.67)
  5. Swift Current, SK, Brooks, AB, Kelowna, C-B, Thompson, MB, Calgary, AB, Winnipeg, MB et Dryden, ON (3,39 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés: 4,07 $
  1. Rankin Inlet, NU (6,19 $)
  2. Swift Current, SK, Brooks, AB et Kelowna, C-B, Thompson, MB, Calgary, AB, Winnipeg, MB et Dryden, ON (4,32 $)
  3. Vancouver, C-B (4,19 $)
  4. Invermere, C-B (4,05 $)
  5. The Pas, MB et Grande Prairie, AB (3,99 $)
    Moyenne des cinq prix les plus élevés: 4,55 $

Collectivités aux prix les plus bas

 

  1. Scarborough, ON (0,99 $)
  2. Vancouver, C-B (1,03 $)
  3. Montréal, QC (1,04 $)
  4. Edmunston, NB (1,06 $)
  5. Saint John, NB (1,35 $)Moyenne des cinq prix les plus bas: $1.09
  1. Whitehorse, TNO (2,47 $)
  2. Vancouver, Delta, C-B, London, ON, Melfort, SK et Yelllowknife, TNO (2,49 $)
  3. Scarborough, ON, Edmunston, NB, Saint John, NB, Barrie, ON, Windsor, ON, Gander, TNL, St. John’s, TNL, Digby, Amherst, Sydney, Wolfville, NÉ, Summerside, IPÉ, Fort McMurray, AB, North Bay, Kingston, Timmins, Sudbury, ON, Vancouver, C-B et Ottawa, ON (2,50 $)
  4. Toronto, ON (2,67 $)
  5. St. Catharines, ON, Grande Prairie, AB; Peterborough, ON et Vaughan, ON (2,69 $)oyenne des cinq prix les plus bas: 2,56 $
  1. Montréal, QC (1,99 $)
  2. Edmunston, NB, Saint John, NB, Gander, NL, St. John’s, TNL et Summerside, IPÉ (2,69 $)
  3. Delta, C-B (2,72 $)
  4. Digby, Amherst, Sydney et Wolfville , NÉ (2,89 $)
  5. Whitehorse, YN (2,97 $)
    Moyenne des cinq prix les plus bas : 2,65 $

Source : Fondation des maladies du coeur

Le panier de provisions nutritif sert à déterminer si l’ensemble de la population canadienne a accès à des aliments qui leur permettent de suivre les recommandations du Guide alimentaire canadien. Une alimentation telle que suggérée par le Guide constitue le premier pas vers des modes de vie sains capables de prévenir l’augmentation des maladies chroniques comme l’obésité et les facteurs de risque associés aux maladies du cœur.

« Pour plusieurs Canadiens et Canadiennes qui, comme mes patients, vivent avec une maladie du cœur, l’alimentation saine pour le cœur signifie bien plus. L’enquête de la Fondation suggère que le coût des aliments dont mes patients cardiaques ont besoin est plus élevé que celui des aliments sains de base qui composent le panier de provisions », dit Dr Honos.

Aliments – Moyenne nationale

Choix sain pour le cœur – Moyenne nationale

Pâtes

3,77 $

Pâtes de blé entier

5,39 $

Riz

4,71 $

Riz brun

5,09 $

Margarine contenant des gras trans

2,79 $

Margarine sans gras trans

3,29 $

Source : Fondation des maladies du cœur

DE QUELLES DENRÉES LES CANADIENS SE PRIVENT-ILS?

La Fondation des maladies du cœur a mené une enquête auprès de plus de 1 400 Canadiens et Canadiennes principaux acheteurs de produits alimentaires de leur ménage (âgés de 25 ans et plus) afin d’évaluer l’impact des prix sur leurs habitudes de consommation ainsi que pour connaître leur avis sur les prix et l’accessibilité des aliments.

L’enquête a démontré que quatre ménages canadiens sur dix, soit 42 %, signalent devoir occasionnellement renoncer à un type particulier d’aliments en raison du prix. Ce qui est encore plus alarmant, c’est qu’un ménage canadien sur cinq (19 %) signale devoir renoncer à un type particulier d’aliments en raison du prix presque à chaque fois qu’il fait des emplettes.

Quels sont les aliments dont les Canadiens et Canadiennes sont les plus susceptibles de se priver? Près du quart des ménages (23 %) se passent occasionnellement de viande maigre et de volaille. Suivent ensuite de près les fruits et les légumes, auxquels renonce une personne sur cinq (20 %).   

Même quand l’argent n’est pas en jeu, plusieurs ménages canadiens ne trouvent pas toujours un choix d’aliments sains. La Fondation a demandé aux Canadiens de partout au pays ce qu’ils pensaient du choix d’aliments différents à leur épicerie habituelle. Voici les réponses que nous avons obtenues :

  • Une personne sur sept ne trouve que rarement ou jamais un bon choix de poisson frais.
  • Quatre personnes sur dix ne trouvent que rarement ou jamais un choix de coupes ou de types de viandes ou de volaille extra maigres.
  • Trois personnes sur dix ne trouvent que rarement ou jamais de lait, de fromage ou d’autres produits laitiers faibles en gras.
  • Près de deux personnes sur dix ne trouvent que rarement ou jamais un choix de fruits et de légumes frais et la même proportion des répondants signalent un choix limité ou inexistant de produits de grains entiers.

« Le Canada a longtemps été considéré comme le grenier à provisions du monde entier et pourtant, nous avons de la difficulté à nous assurer que des aliments nutritifs sont offerts à prix abordable à tous les Canadiens et Canadiennes », dit Stephanie Tremblay, de la Fondation des maladies du cœur. 

À QUI LA FAUTE, SELON LES CANADIENS?  

La majorité des personnes interrogées par la Fondation des maladies du cœur croient que les entreprises alimentaires, les détaillants en alimentation et les gouvernements pourraient permettre aux Canadiens et aux Canadiennes d’avoir davantage accès à des aliments sains à prix abordable. Certaines formes spécifiques de réglementation gouvernementale, d’éducation et d’intervention reçoivent un appui massif. 

La population canadienne recommande aux gouvernements de :

 

Réglementer les prix des aliments nutritifs afin de s’assurer qu’ils sont équitablement abordables dans toutes les régions du Canada

86 %

Faire de l’éducation du public en matière de nutrition un volet important des programmes et des efforts du gouvernement en matière de santé

93 %

Augmenter les revenus des Canadiens défavorisés afin qu’ils soient en mesure d’acheter des aliments plus nutritifs

84 %

Marge d’erreur de +/- 2,6 % 19 fois sur 20, Sondages Environics

La Fondation des maladies du cœur s’inquiète de l’accessibilité des aliments sains à prix abordables pour tous les ménages canadiens et elle a mis en place diverses mesures afin de résoudre ce problème. Par exemple, la Fondation :

  • Préparait récemment un Point de vue sur Les aliments sains, nutritifs et à prix abordable (sécurité alimentaire).
  • Cofinançait une Chaire de recherche nationale en santé publique avec les Instituts de recherche en santé du Canada. Cette nouvelle Chaire de recherche explorera plusieurs enjeux reliés à la saine alimentation.
  • Procède présentement à un appel de propositions auprès des chercheurs intéressés à mener une étude internationale sur les preuves que les subsides agricoles, les politiques de prix et les mesures fiscales incitatives ou dissuasives affectent le prix des divers types d’aliments ainsi que leur impact sur la santé.
  • S’efforce de résoudre les questions de sécurité alimentaire chez les Canadiens et Canadiennes à faible revenu au sein de plusieurs coalitions locales et provinciales.
  • Informe les Canadiens et Canadiennes de l’importance d’une saine alimentation et de son impact sur la santé par l’entremise de notre matériel éducatif et de notre site Web fmcoeur.ca

Recommandations de la Fondation des maladies du cœur :

La Fondation croit que les gouvernements peuvent agir afin d’améliorer l’accès des Canadiens et Canadiennes à des aliments sains et nutritifs en adoptant les mesures suivantes :

  • Surveiller et préparer des rapports périodiques sur le prix des denrées de base du panier de provisions nutritif national.
  • Faire des recherches sur les raisons de ces écarts de prix des aliments sains entre les provinces et les régions.
  • Étendre et améliorer le programme Aliments-poste, une initiative combinée du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada, de Postes Canada et de Santé Canada, qui permet d’expédier des aliments nutritifs périssables et d’autres articles essentiels aux collectivités isolées du Nord à des tarifs postaux réduits afin de s’assurer que les denrées nutritives sont offertes à prix abordable dans toutes les régions du Canada (surtout en régions éloignées et dans le nord).

La Fondation croit que les entreprises alimentaires, les détaillants en alimentation et les offices de commercialisation (ou encore régies ou commissions) devraient :

  • Afficher des prix et des promotions plus équitables dans les diverses collectivités du pays.

La Fondation croit également que les Canadiens et Canadiennes peuvent :

  • Faire des légumes et des fruits leur priorité dans la mesure du possible.
  • Choisir des aliments sains surgelés quand les variétés fraîches ne sont pas disponibles.
  • Réduire la quantité de collations riches en sucre et en gras au profit de choix plus sains.
  • Appuyer et encourager les politiques et les programmes gouvernementaux destinés à enrayer la pauvreté et à surmonter les obstacles à la saine alimentation.
  • Appuyer les programmes de développement communautaire durable (comme les cuisines et jardins communautaires) qui favorisent la disponibilité et les prix abordables des produits frais provenant de la localité et de la région.
  • Se renseigner sur les bienfaits d’une alimentation saine pour le cœur en visitant le www.fmcoeur.ca
Visitez le www.fmcoeur.ca/bulletindesante pour visionner une carte en ligne et les prix par région.

[1] Iqbal R, Anand S, Ounpuu S, Islam S, Zhang X, Rangarajan S, et al. Dietary patterns and the risk of acute myocardial infarction in 52 countries. Results of the INTERHEART study. Circulation 2008;118:1929-37.

[2] Statistique Canada, 2006. Rapport de recherche. Nutrition : résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes. Habitudes alimentaires des Canadiens 2004. No. de catalogue 82-620-MIF - No. 2. Disponible en ligne au : http://www.statcan.gc.ca/bsolc/olc-cel/olc-cel?catno=82-620-MIF2006002&lang=fra