Les changements physiques

Les séquelles d’un AVC peuvent toucher tous les aspects de votre vie. Un AVC n’affecte jamais deux personnes exactement de la même façon. Pour cette raison, vous et vos aidants devez trouver une approche qui vous convient.

Bien que chaque AVC soit différent des autres, voici quelques-uns des changements les plus courants:

Marcher et se déplacer

Après un accident vasculaire cérébral (AVC), vous pourriez avoir de la difficulté à vous déplacer, à vous lever de votre fauteuil ou à effectuer d’autres activités physiques. C’est dû à la perte de force, de sensation et de coordination, habituellement d’un côté du corps. Des problèmes de coordination et d’équilibre en découlent aussi.

Connaître vos capacités

Afin de mieux connaître vos capacités, votre équipe de soins de santé pourrait vérifier :

  • Dans quelle mesure vous pouvez marcher en ligne droite de façon sécuritaire
  • Avec quelle aisance vous passez de la position assise à la station debout, du lit au fauteuil, entrez et sortez du bain, vous asseyez et vous levez de la toilette
  • La force et la souplesse de vos muscles
  • L’ampleur du mouvement de vos articulations

Conseils pratiques

Pour vous déplacer en toute sécurité
Votre équipe de soins de santé peut recommander des appareils comme une canne, une marchette ou un fauteuil roulant, ou encore des barres d’appui ou un siège spécial à la toilette.

Pour retrouver votre force et vos capacités
Des muscles plus forts aident à soutenir vos articulations et vous donnent plus de résistance lorsque vous vous déplacez. Votre programme de réadaptation peut comprendre des exercices destinés à renforcer vos muscles. Non seulement vous pourrez ainsi regagner vos habiletés, mais vous préviendrez les raideurs et le durcissement causés par l’inactivité.

Pour prévenir les dommages aux articulations
Du liquide peut s’accumuler dans vos articulations si vous n’utilisez pas un de vos bras ou une de vos jambes. Ils peuvent provoquer de l’enflure, de la douleur et des problèmes cutanés. Votre équipe de soins de santé pourrait vous faire des suggestions comme celles-ci :

  • Lorsque vous êtes assis ou étendu, appuyez la jambe affectée sur une surface stable.
  • Si vous demeurez assis ou étendu pendant de longues périodes :
    • Faites des exercices sur place : par exemple, fléchissez, étirez et faites des cercles avec vos chevilles. Appuyez vos pieds contre une surface dure et si vous le pouvez, levez-vous sur le bout des orteils
    • Prenez soin de ne pas rester les jambes croisées pendant une période prolongée
    • Ne portez pas de chaussettes ou de bas ajustés. 
  • Si vous avez de la difficulté à bouger un bras ou une jambe, demandez à quelqu’un de vous aider à la déplacer.

Qui peut vous aider?

Le physiothérapeute et l’ergothérapeute jouent tous deux un rôle important au sein de l’équipe de soins de santé. Ils vous enseigneront des façons sécuritaires de récupérer autant de capacité fonctionnelle que possible.

StrokEngine offre des renseignements sur la réadaptation et les interventions en matière d’AVC à partir d’articles, de sites Web et d’études systématiques de qualité.

Visitez le site de StrokEngine afin de vous renseigner sur le renforcement musculaire des membres inférieurs.

Utiliser ses mains et ses bras

Après un AVC, vous pourriez ressentir de la difficulté à utiliser une main ou un bras. C’est habituellement causé par une perte de force, de sensation et de coordination d’un côté du corps.

Connaître vos capacités

Afin de mieux connaître vos capacités, votre équipe de soins de santé pourrait vérifier :

  • Dans quelle mesure vous pouvez utiliser les muscles de votre main et de votre bras
  • La force et la souplesse de vos muscles
  • L’ampleur du mouvement de vos articulations
  • La motricité fine et la coordination de votre main.

Conseils pratiques

Comment retrouver votre force et vos capacités
Des muscles plus forts aident à soutenir les articulations. Ils vous procurent plus de résistance, que ce soit pour peler des légumes ou pour vous habiller. Votre programme de réadaptation peut comporter des exercices destinés à développer des muscles plus forts. En plus de vous permettre de récupérer vos capacités, vous préviendrez aussi les raideurs et le durcissement causés par l’inactivité.

Pour prévenir les dommages aux articulations

  • Du liquide peut s’accumuler dans vos articulations si vous n’utilisez pas un de vos bras ou une de vos jambes. Ils peuvent provoquer de l’enflure, de la douleur et des problèmes cutanés. Votre équipe de soins de santé pourrait vous faire des suggestions comme celles-ci :
  • Une fois assis ou étendu, appuyez votre bras ou votre main affecté(e) sur une surface stable.
  • Déplacez souvent votre bras affecté. Utilisez l’autre bras de la façon dont l’équipe de soins de santé vous a enseigné de le faire.
  • Massez souvent votre bras.
  • Au besoin, demandez à un membre de votre famille de vous aider à faire les exercices.

Qui peut vous aider?

Le physiothérapeute et l’ergothérapeute jouent tous deux un rôle important au sein de l’équipe de soins de santé. Ils vous enseigneront des façons sécuritaires de récupérer autant de capacité fonctionnelle que possible.

StrokEngine offre des renseignements sur la réadaptation et les interventions en matière d’AVC à partir d’articles, de sites Web et d’études systématiques de qualité.

Visitez le site de StrokEngine afin de vous renseigner sur la thérapie par contrainte induite (TCI).

Manger et avaler

On retrouve deux types de problèmes alimentaires après un AVC :

Dysphagie

Un AVC peut affecter les muscles de la bouche, de la langue et de la gorge ainsi que les muscles utilisés pour respirer. Ces problèmes peuvent entraîner des difficultés à avaler, ce qui s’appelle dysphagie. La dysphagie peut être temporaire ou permanente.

Si elle n’est pas traitée, la dysphagie peut entraîner de graves problèmes de santé, comme :

  • Pneumonie d’aspiration (contracter une infection des poumons en aspirant des aliments)
  • Malnutrition (ne pas manger suffisamment pour demeurer en bonne santé)
  • Déshydratation (ne pas boire suffisamment de liquides pour demeurer en bonne santé).

Connaître vos capacités

Les membres de votre équipe de soins de santé vérifieront vos risques de difficultés à avaler. Ils évaluent ces risques en examinant les muscles de votre visage, de votre bouche et de votre gorge. Ils vous demanderont d’avaler une petite quantité d’eau. Vous ne serez probablement pas autorisé à manger ou à boire avant d’avoir réussi ce test.

Si le dépistage démontre que vous pourriez souffrir d’un problème à avaler, un spécialiste de la dysphagie (habituellement un orthophoniste) procédera à un examen détaillé. Cet examen peut comporter des radiographies pendant que vous avalez.

Pendant ce temps, votre équipe de soins de santé se penchera sur votre état nutritionnel. Par exemple, votre poids est-il sain? Affichez-vous des signes de déshydratation (buvez-vous suffisamment)?

Conseils pratiques

Au cours des premières étapes de votre réadaptation, votre orthophoniste et votre diététiste peuvent commander des repas que vous pourrez avaler facilement. Il peut s’agir d’aliments en purée, écrasés ou émincés. Vous pourriez avoir droit à des liquides dont la consistance est aussi dense que le miel liquide, parce que ces aliments sont plus sécuritaires à avaler que l’eau ou le jus. La plupart des patients d’AVC recommencent à manger normalement une fois qu’ils redeviennent capables d’avaler.

Voici quelques conseils si vous éprouvez de la difficulté à avaler ou à manger :

En mangeant :

  • Asseyez-vous droit sur votre lit ou votre fauteuil.
  • Prenez de petites bouchées. Essayez de manger avec une cuiller à thé plutôt qu’une cuiller à table.
  • Mâchez du côté le plus fort de votre bouche.
  • Mâchez bien chaque bouchée avant de l’avaler.
  • Dégagez bien votre bouche et votre gorge après chaque bouchée.
  • Ne parlez pas en mastiquant.
  • Si vous bavez du côté affaibli de votre bouche, essuyez votre visage souvent avec une serviette ou un linge.
  • Évitez les distractions pendant le repas. Éteignez la télévision ou la radio. Évitez les restaurants et les salles à manger affairées si vous êtes facilement distrait en mangeant.

Après le repas

  • Enlevez les aliments coincés dans vos joues avec votre doigt. Utilisez un petit miroir afin de voir où se trouvent ces aliments. Brossez vos dents et rincez-les après chaque repas.  
  • Si vous souffrez de brûlements d’estomac ou de reflux gastrique après les repas, essayez d’éviter :
    • Les aliments épicés ou très assaisonnés
    • Les agrumes et jus d’agrumes, ainsi que les autres aliments acides comme les tomates
    • Les breuvages contenant de la caféine, comme le café, le thé, le chocolat et le cola
    • La menthe poivrée ou la menthe verte
    • Les aliments riches en gras et la friture.

Obtenir de l’aide pour manger

Mise en garde : Toute personne qui désire vous aider à manger doit d’abord demander à un membre de l’équipe de soins de santé de lui enseigner comment vous aider, à cause des risques d’étouffement.

Obtenir de l’aide d’une diététiste

Demandez à une diététiste de vous expliquer le régime spécial dont vous avez besoin. La diététiste peut aussi vous enseigner, à vous et à vos personnes soignantes, comment préparer des aliments sécuritaires tout dépendant de votre situation. De petits repas fréquents peuvent être plus faciles à manger et à digérer. Collaborez avec votre diététiste afin de vous assurer que vos repas soient équilibrés et sains.

Nettoyer votre bouche

Une bonne hygiène buccale est importante pour tout le monde, mais elle est cruciale si on veut éviter la pneumonie par aspiration. Cette infection pulmonaire se produit lorsqu’ on aspire des aliments. Assurez-vous de faire examiner vos dents régulièrement. Si vous en avez besoin, demandez de l’aide pour le brossage et la soie dentaire.

Boire suffisamment

La plupart des gens ont besoin d’entre six et huit verres de liquide par jour. Cette quantité ne comprend pas les breuvages contenant de la caféine. Les breuvages sans caféine sont l’eau, les jus de fruits, le lait et certaines boissons gazeuses. Si vous éprouvez de la difficulté à avaler, il se peut que vous ne buviez pas suffisamment et que vous deveniez déshydraté. Boire suffisamment de liquides peut s’avérer difficile si vos liquides doivent être épaissis afin que vous puissiez les avaler plus facilement.

Surveillez les signes de déshydratation. Si vous avez des inquiétudes, consultez votre médecin.

Les signes de déshydratation sont les suivants :

  • Uriner en petite quantité et moins fréquemment
  • Urine foncée, concentrée et à forte odeur
  • Infections fréquentes des voies urinaires et de la vessie
  • Salive épaisse et visqueuse
  • Constipation (selles peu fréquentes, difficiles ou dures)
  • Étourdissements en s’asseyant ou en se levant
  • Confusion ou changement de l’état mental ou de la disposition d’esprit 
  • Perte de poids d’environ 1,5 kg (3,5 livres) en moins de sept jours
  • Fièvre
  • Perte d’élasticité de la peau. Vous pouvez la vérifier en pinçant délicatement votre bras. Si la peau ne reprend pas sa forme et demeure « pincée », il peut s’agir d’un signe de déshydratation.

Qui peut vous aider?

L’orthophoniste sera le principal membre de l’équipe à évaluer votre capacité d’avaler. La diététiste vous aidera à consommer les bons aliments de façon saine et sécuritaire. Si dans votre milieu, ces spécialistes ne sont pas toujours disponibles, d’autres membres de l’équipe de soins de santé pourront vous donner les soins et le soutien appropriés.

StrokEngine offre des renseignements sur la réadaptation et les interventions en matière d’AVC à partir d’articles, de sites Web et d’études systématiques de qualité. Visitez le site de StrokEngine afin de vous renseigner sur la dysphagie.

Difficulté à porter les aliments à votre bouche avec des problèmes de main ou de bras

Une faiblesse ou une paralysie de la main ou du bras que la personne utilise normalement pour manger peut poser un défi avec la nourriture et les breuvages.

Connaître vos capacités

Votre équipe de soins de santé évaluera votre capacité de manger sans aide en fonction des séquelles de l’AVC sur votre main et votre bras.

Conseils pratiques

Les aides alimentaires suivantes peuvent vous faciliter la tâche si vous n’utilisez qu’une seule main :

  • Assiettes à rebord surélevé qui retiennent les aliments
  • Plats à fond antidérapant qui les empêchent de glisser
  • Porte-gobelet ou porte-contenant
  • Gobelets modifiés avec couvercle percé ou partiel
  • Couteaux, fourchettes et cuillers au manche élargi ou incurvé
  • Ustensiles de découpage pour utilisation d’une seule main, comme un couteau à bascule
  • Couteau à fromage ou à pizza.

Qui peut vous aider?

Votre ergothérapeute ou tout autre membre de l’équipe de soins de santé peut vous dire quelles aides alimentaires peuvent vous être utiles et où vous les procurer.

Contrôle des selles, de la vessie et sécurité à la toilette

Les patients d’AVC peuvent faire face à deux défis importants : 

  • L’incontinence Plusieurs patients d’AVC ont de la difficulté à contrôler leurs selles et leur vessie. Cette situation peut être embarrassante lorsque vous devez vous rendre à la toilette, surtout si vous avez de la difficulté à communiquer. La bonne nouvelle est qu’avec le temps, plusieurs personnes retrouvent le contrôle de leurs selles et de leur vessie. 
  • S’asseoir et se lever de la toilette Les séquelles d’un AVC peuvent faire en sorte que plusieurs patients aient de la difficulté à s’asseoir et à se lever de la toilette.

Connaître vos capacités

Votre équipe de soins de santé évaluera votre capacité d’aller à la toilette. Si vous souffrez d’incontinence, l’équipe de soins de santé tentera d’en déterminer la cause. Il peut s’agir des séquelles de l’AVC ou d’une autre cause, comme une infection des voies urinaires ou de la vessie.

Qui peut vous aider?

Le personnel infirmier et l’ergothérapeute peuvent vous aider à surmonter ces difficultés après un AVC.

Conseils pratiques

Contrôle de la vessie

  • Essayez de vous rendre à la toilette à intervalles réguliers (par exemple, toutes les deux heures).
  • Buvez beaucoup de liquides durant la journée, mais peu avant le coucher.
  • Conservez une bassine près de votre lit la nuit.
  • Installez une veilleuse dans votre chambre.
  • Utilisez des protège-matelas jetables ou des sous-vêtements absorbants.

Parfois, les gens tentent de prévenir les problèmes de vessie en buvant moins, ce qui n’est pas une bonne idée. La plupart des adultes ont besoin de six à huit verres de liquide par jour. Boire trop peu peut entraîner la déshydratation et peut aussi augmenter les risques d’infection des voies urinaires. 

La perte de contrôle de la vessie peut indiquer une infection des voies urinaires. Consultez votre équipe de soins de santé si vous remarquez un des signes suivants :

  • Changement soudain de vos habitudes de toilette, comme un besoin plus fréquent d’uriner
  • Sensation de brûlure ou de douleur en urinant
  • Urine troublée et à forte odeur

Le contrôle des selles

  • Parlez de votre alimentation avec l’infirmière ou la diététiste de votre équipe de soins de santé. Par exemple, vous devrez peut-être consommer davantage de fibres.
  • Certains médicaments peuvent affecter vos selles. Consultez votre médecin ou pharmacien à ce sujet.

StrokEngine offre des renseignements sur la réadaptation et les interventions en matière d’AVC à partir d’articles, de sites Web et d’études systématiques de qualité. Visitez le site de StrokEngine afin de vous renseigner sur l’incontinence urinaire.

Conseils pratiques pour s’asseoir et se lever de la toilette en toute sécurité

Les appareils suivants vous aident à utiliser la toilette de façon plus sécuritaire :

  • Siège de toilette surélevé
  • Chaise d’aisance
  • Bassine ou urinoir portatifs
  • Barres d’appui mural près de la toilette

Avant d’installer une barre d’appui mural, consultez l’ergothérapeute afin de vous assurer qu’elle soit installée correctement.

S’exprimer et comprendre les autres

Si un AVC endommage les centres langagiers du cerveau, vous pourriez avoir de la difficulté à exprimer vos pensées et à comprendre ce qu’on vous dit. Vous pourriez avoir de la difficulté à lire et à écrire. Vous pourriez aussi trouver certains mots difficiles à prononcer clairement.

Les noms médicaux des problèmes de la parole et du langage provoqués par un AVC sont les suivants :

L’aphasie

L’aphasie gêne l’expression et la compréhension du langage. L’importance de l’invalidité dépend de la localisation de l’AVC dans le cerveau et de l’étendue des séquelles. L’aphasie survient souvent chez les personnes ayant subi un AVC à l’hémisphère gauche du cerveau.

On retrouve deux types d’aphasie:

L’aphasie expressive signifie que vous éprouvez de la difficulté à vous faire comprendre. Vous savez ce que vous voulez dire, mais les mots ne sortent pas correctement.

L’aphasie réceptive signifie que vous éprouvez de la difficulté à comprendre les messages. Vous pourriez ne pas comprendre ce qu’on vous dit.

Parmi ces deux types généraux, on retrouve divers types d’aphasie :

Aphasie de Wernicke — Avec ce type d’aphasie, vous pourriez parler facilement, mais utiliser les mauvais mots et être difficile à comprendre. Vous pourriez aussi éprouver de la difficulté à comprendre ce qui vous est dit ou encore des problèmes à lire ou à écrire. 

Aphasie de Broca Vous ne pouvez produire que de courtes phrases par bourrées. Votre vocabulaire peut être réduit ou vous pourriez être difficile à comprendre. Cependant, vous pourriez toujours être en mesure de lire et de comprendre ce que les gens vous disent.

Aphasie anomique ou nominale Vous pouvez lire ou comprendre ce que les autres vous disent, mais éprouvez de la difficulté à nommer des personnes, des endroits ou des choses (noms). Les gens peuvent vous trouver difficile à comprendre.

Aphasie globale Ce problème peut occasionner une perte complète ou quasi totale de la capacité d’utiliser le langage. Vous pourriez ne pas être en mesure de lire ou d’écrire et avoir de la difficulté à comprendre les autres ou à vous exprimer. Ce type d’aphasie extrême est souvent observé après un AVC.

La dysarthrie

La dysarthrie est causée par une faiblesse, un ralentissement ou une mauvaise coordination des muscles servant à la parole. Vous pourriez éprouver des troubles d’élocution et elle peut s’accélérer, ralentir ou comporter plus de pauses que la normale. Vous pourriez éprouver de la difficulté à parler plus doucement ou plus fort. Le ton de votre voix pourrait être égal. 

L’apraxie (aussi appelée dyspraxie)

Ce problème est causé par la perte du contrôle et de la coordination musculaire, plutôt que par l’affaiblissement des muscles. L’apraxie peut affecter certains mouvements nécessaires à la parole. Elle peut limiter votre capacité d’émettre les sons du langage et de former des mots. Elle peut aussi affecter votre utilisation des gestes de la main, comme saluer de la main ou envoyer un baiser.

Connaître vos capacités

Afin de comprendre de quelle façon votre AVC affecte votre capacité de communiquer, les orthophonistes évalueront :

  • de quelle façon vous parlez spontanément
  • dans quelle mesure vous pouvez répéter les mots, les phrases et les énoncés
  • votre compréhension des mots et des phrases
  • votre capacité de relier un nom à un objet
  • vos capacités de lecture et d’écriture.

Conseils pratiques

Vous pouvez utiliser plusieurs trucs et outils afin de vous aider à communiquer. Il peut s’agir de choses simples comme :

  • faire des gestes ou parler par signes
  • conserver un crayon et un calepin afin d’écrire vos messages
  • pointer vers des images ou des cartes d’images afin de montrer ce que vous voulez
  • pointer vers des lettres ou des mots sur un alphabet ou une planche de langage
  • utiliser des plaquettes du jeu de Scrabble afin d’épeler des mots.

Il existe des appareils plus sophistiqués. Par exemple, certains patients d’AVC utilisent leurs ordinateurs afin qu’ils « parlent » pour eux, ou certains logiciels leur permettent de parler plus facilement.

Comment communiquer avec une personne aphasique

L’aphasie signifie une difficulté à utiliser le langage, mais pas à réfléchir, à planifier ou à prendre des décisions. Vous êtes toujours la même personne à l’intérieur. Si vous souffrez d’aphasie, partagez ces dix conseils avec votre famille et vos personnes soignantes. Ils pourront ainsi communiquer plus facilement avec vous. 

  1. Faites participer le patient d’AVC aux activités sociales et aux conversations. Ne le laissez pas se sentir seul ou exclu. Au besoin, assurez-vous que ses aides auditives et ses lunettes soient bien en place. 
  2. Formulez les questions le plus simplement possible, afin qu’il puisse y répondre par oui ou par non ou simplement d’un geste de la tête. Rappelez-vous que parfois, les patients d’AVC peuvent confondre leurs réponses. Essayez d’utiliser des bouts de papier marqués « Oui », « Non » ou « Je ne sais pas ». Demandez au patient de vous indiquer la bonne réponse. 
  3. Parlez d’un ton naturel. Ne criez pas et ne parlez pas trop vite. Faire des pauses et parler à un rythme modéré peuvent aider le patient à vous comprendre.  
  4. Lorsque vous parlez à un patient d’AVC, éteignez la télé ou la radio.  
  5. Gardez votre conversation claire et directe. Exprimez une seule idée à la fois à l’aide de phrases courtes. Une seule personne devrait parler à la fois. 
  6. Donnez une seule directive à la fois. 
  7. Au cours des premières étapes de la récupération, lorsque vous donnez des choix au patient, limitez le nombre de ces choix à deux. Par exemple, demandez au patient d’AVC « Voudrais-tu du thé ou du café? » Essayez d’écrire les mots clés. Si la personne éprouve de la difficulté à lire, utilisez des dessins simples à côté des mots écrits. Avec le temps, au cours de la récupération de la personne, ajoutez plus de choix.  
  8. Les mots courts, concrets et usuels sont les plus faciles à comprendre. Par exemple, dites « jambe » au lieu de « membre », « pain » au lieu de « nutrition » ou « maison » au lieu de « résidence ».  
  9. Ne pressez pas une personne aphasique. Soyez patient et accordez-lui le temps nécessaire pour comprendre ce que vous lui dites ou pour qu’elle trouve les mots justes.  
  10. Essayez de confirmer que vous avez compris ce que le patient d’AVC vous a dit.

Qui peut vous aider?

Les orthophonistes jouent un rôle important dans l’évaluation de votre capacité de bien communiquer après un AVC. Ils peuvent aussi vous aider à développer des stratégies de communication qui vous conviennent. Comme pour tous les soins d’AVC, toute l’équipe de soins de santé vous aidera.

Plusieurs personnes trouvent utile de se joindre à un groupe de soutien des personnes aphasiques ou des survivants d’AVC. Demandez à votre équipe de soins de santé de vous en indiquer une près de chez vous.

StrokEngine offre des renseignements sur la réadaptation et les interventions en matière d’AVC à partir d’articles, de sites Web et d’études systématiques de qualité. Visitez le site de StrokEngine afin de vous renseigner sur l’aphasie.

Le niveau d’énergie

Il peut être épuisant de récupérer et de réapprendre de nouvelles façons de faire après un AVC.

Conseils pratiques

Une saine alimentation

  • Assurez-vous de manger suffisamment pour répondre aux besoins de votre corps.
  • Consommez une alimentation équilibrée qui respecte les directives du Guide alimentaire canadien.
  • Buvez beaucoup de liquides.

Planification

  • Planifiez votre journée afin de profiter des moments où vous avez le plus d’énergie. 
  • Chaque jour, préparez une liste de choses à faire et décidez des tâches les plus importantes. Les jours où vous vous sentez fatigué, faites simplement l’essentiel. Les jours où vous avez davantage d’énergie, faites-en davantage.

Repos

  • Prenez de petites pauses lorsque vous vous sentez fatigué.
  • Si vous faites la sieste le jour, faites de courtes siestes. Assurez-vous de dormir davantage la nuit.
  • Essayez de vous coucher et de vous lever à la même heure chaque jour.

L’activité

  • Essayez d’être aussi actif physiquement que possible. Demandez à votre équipe de soins de santé quelles activités vous conviennent.
  • Faites quelque chose que vous appréciez chaque jour.
  • Apprenez à demander de l’aide. Ne croyez pas devoir tout faire seul.

L’Association canadienne des ergothérapeutes offre des renseignements destinés à aider les personnes à développer les habiletés nécessaires à une vie productive et satisfaisante. Visitez le site OTworks.ca pour plus de détails sur la gestion des niveaux d’énergie.

La douleur

Après un AVC, vous pourriez souffrir de raideurs dans votre membre affecté, ce qui s’appelle la spasticité. Un membre atteint de spasticité est difficile à déplacer. Il peut être douloureux lorsque vous ou une autre personne le déplacez.

Il est courant de ressentir des douleurs à l’épaule du côté affecté par un AVC. Cette situation survient lorsqu’un bras est affaibli et pend le long du corps sans soutien. Il peut s’en suivre un problème d’épaule appelé « épaule gelée ». C’est la raison pour laquelle vous devez soutenir votre bras lorsque vous êtes debout ou assis.

Dans quelques rares cas, la douleur peut provenir de dommages à la région du cerveau appelée thalamus, ce qui s’appelle syndrome de la douleur thalamique, un problème difficile à contrôler et à traiter.

Comment réduire la douleur

Bougez le plus possible

Dans la plupart des cas, un AVC ne paralyse pas complètement les muscles. Travaillez avec le thérapeute afin de récupérer le plus de mouvement et de contrôle possible. Le bon type d’activité peut vous aider à réduire la douleur, même si vous ne retrouvez pas toute votre motricité normale. 

Posture et soutien

La douleur peut être occasionnée par les articulations en raison de l’affaiblissement et de la raideur des muscles. En conservant votre corps et vos articulations alignés convenablement, vous pouvez faire beaucoup afin de prévenir la douleur.

Lever et transfert en toute sécurité

On ne devrait jamais vous soulever par votre bras ou votre épaule affectée. Il pourrait en résulter des dommages importants à votre ras ou à votre épaule. Demandez à votre thérapeute de vous indiquer la bonne façon de vous assurer d’être levé convenablement.

Qui peut vous aider?

Le physiothérapeute ou l’ergothérapeute peuvent vous aider à retrouver votre mobilité et à contrôler la douleur. Vous pouvez pratiquer des exercices spéciaux afin de renforcer vos muscles affaiblis et mieux contrôler votre posture et vos mouvements. Votre famille et vos amis peuvent vous aider à le faire. Votre physiothérapeute peut leur donner des suggestions.

Que faire si la douleur s’intensifie

Informez votre médecin ou votre thérapeute de la douleur, surtout si celle-ci se manifeste subitement. Suivez leurs conseils. Demeurez actif afin d’empêcher vos articulations de raidir ou de perdre leur mobilité.

La Fondation des maladies du cœur offre des connaissances et des habiletés pratiques afin d’aider à prendre soin des survivants d’AVC. Conseils et outils pour la vie quotidienne : Un guide pour les personnes soignant les victimes d’un AVC est conçu à l’intention des professionnels de la santé et sert aussi de référence utile aux aidants. Renseignez-vous sur ce guide.

La Fondation des maladies du cœur offre le programme La vie après un AVC à l’intention des survivants qui ont complété leur réadaptation active et qui vivent dans la collectivité. Ce programme porte sur le développement de compétences, le partage d’expériences et le soutien mutuel. Trouvez un programme La vie après un AVC près de chez vous.

Dernière révision en novembre 2010.