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Tempête Parfaite

 Le Bulletin de santé 2010 des Canadiens et des Canadiennes annonce qu'une « tempête parfaite » de facteurs de risque associés aux maladies cardiovasculaires et des changements démographiques importants se profile à l'horizon, créant un fardeau sans précédent sur un système canadien fragmenté de soins cardiovasculaires, et que personne, peu importe son âge, n'est à l'abri.

LA FONDATION DES MALADIES DU CŒUR LANCE UNE MISE EN GARDE : UNE « TEMPÊTE PARFAITE » SE PROFILE À L'HORIZON

« En peu de temps, le visage des maladies du cœur au Canada a changé et comprend maintenant des groupes qui ont de tout temps été prémunis contre cette menace, dit Dr George Honos, chef du Service de cardiologie et cogestionnaire médical du regroupement cardiovasculaire du CHUM et porte-parole de la Fondation des maladies du cœur. Mais la combinaison de nouveaux groupes à risque et l'explosion des modes de vie malsains dans l'ensemble du Canada ont accéléré l'impact de ces menaces et risquent d'effacer les progrès accomplis au cours des 50 dernières années. »

Les signes annonciateurs de cette crise éminente sont clairs et évidents. Entre 1994 et 2005, les taux d'hypertension artérielle chez les Canadiens et les Canadiennes de tous âges ont augmenté de 77 %, ceux du diabète, de 45 % et de l'obésité, de 18 %. Ce sont tous des facteurs de risque importants reliés aux maladies du cœur. Par exemple, chez les 35 à 49 ans, l'incidence d'hypertension artérielle a augmenté de 127 %, celle du diabète, de 64 % et celle de l'obésité, de 20 %.

Les nouvelles populations à risque et démunies sont les jeunes Canadiens et Canadiennes dans la vingtaine et la trentaine, les baby-boomers (50-64 ans) certaines communautés ethnoculturelles canadiennes en plein essor, les femmes et les peuples autochtones, qui subissent présentement une crise de santé cardiovasculaire à grande échelle.

Autre facteur qui contribue à cette tempête, de troublantes disparités entre les provinces et les territoires. Plus de 50 % de la population de chaque province et territoire affiche un poids malsain. Dans la plupart des territoires et des provinces, moins de 50 % de la population est suffisamment active pour maintenir sa santé cardiovasculaire. Quant au tabagisme, toutes les provinces et territoires obtiennent la note de passage, à l'exception du Nunavut.

« Jusqu'à présent, nous avions un ensemble d'initiatives non intégrées de prévention et de traitements destinées à contrer certains facteurs de risque, mais pas tous, auxquels les Canadiens et les Canadiennes sont exposés, dit Francine Forget Marin, directrice Affaires santé et Recherche de la Fondation des maladies du cœur du Québec. L'ampleur du problème est devenue telle que la seule façon de progresser consiste à implanter une stratégie pancanadienne complète en santé cardiovasculaire, qui comprend des initiatives destinées aux personnes à risque et aux populations démunies et qui intègre les divers fragments du système canadien de soins en cardiologie. »

Relever le défi et traverser la tempête
Les Canadiens et les Canadiennes reconnaissent l'urgence d'agir afin d'appuyer la santé du cœur au pays. Huit personnes sur dix appuient une stratégie coordonnée et financée par le gouvernement fédéral en santé cardiovasculaire, même au prix de coupures dans d'autres programmes et d'une augmentation des impôts. Quant aux questions traitées par une telle stratégie nationale, près de neuf Canadiens sur dix mentionnent la réduction de l'obésité infantile, sept sur dix, les programmes d'aide à l'abandon du tabagisme et six sur dix, les programmes de santé du cœur chez les femmes et la nécessité de rendre les défibrillateurs externes automatisés disponibles dans les lieux publics.

Pour plus de renseignements, consultez notre rapport complet.